Mercredi 27 janvier 2010 - 19:54
Retour sur la CAN avec M. Samassa
Actualité
L'attaquant du VAFC Mamadou Samassa vivait sa première grande compétition avec le Mali à l'occasion de la CAN 2010. Malgré une blessure qui l'a empêché de jouer, une expérience marquante sur laquelle il revient longuement...
Peu de temps après le rassemblement avec l'équipe du Mali, tu t'es blessé...
On est arrivé au Qatar le 27 décembre pour faire une série de matches amicaux. Pour le premier, j'étais trop juste. Et, sur le deuxième contre l'Irak, je me blesse à la cheville au bout de 15 minutes de jeu. Un défenseur irakien m'a taclé et est retombé de tout son poids sur ma cheville.
Savais-tu à ce moment-là que cette blessure risquait de te faire louper la CAN ?
J'avais déjà eu une blessure de ce genre au Mans et j'en avais eu pour 3 semaines-1 mois. Je me suis donc dit que c'était fort possible que je ne joue pas du tout ou, en tout cas, pas les premiers matches.
Comment as-tu géré cette situation ?
C'est frustrant. Depuis le temps que j'étais dans le groupe, je m'étais préparé mentalement, on jouait le match d'ouverture... Voilà, c'est la vie, c'était écrit. J'espère que je serai prêt pour la prochaine CAN.
Avant la compétition, comment le groupe malien a t-il vécu le drame qui a touché l'équipe togolaise ?
On a entendu ce qui s'était passé et ça nous a énormément touchés, ça aurait pu arriver à n'importe qui. De notre côté, on était basé dans la capitale, Luanda, donc il n'y avait pas de problème au niveau de la sécurité. Pour le dernier match, on jouait à Cabinda, près d'où a eu lieu la fusillade, mais on n'a pas eu de problème non plus. On en a parlé entre nous, on a entendu que la CAN pouvait être annulée ou différée. S'il avait fallu être solidaire avec le Togo, on l'aurait évidemment été parce que ce qui est arrivé est très grave. Mais finalement, le match d'ouverture a eu lieu.
Justement, ce match d'ouverture a eu un scénario totalement fou ! Le Mali est mené 4-0 à 20 minutes de la fin et revient finalement à 4-4...
Ce match, je l'ai vécu sur le banc. Si Dieu n'avait pas été avec nous, on ne serait jamais revenu... Être mené 4-0 par l'Angola chez lui, avec un stade acquis à sa cause et trouver les ressources pour revenir à 4-4, c'est fort. Un scénario comme ça, ça n'arrive pratiquement jamais et c'est tombé sur nous ! Dans cette équipe du Mali, le collectif n'est pas encore bien rodé mais il y a des individualités capables de faire la différence à tout moment.
C'est la cohésion qui a manqué au Mali pour faire un meilleur parcours...
Oui, c'est ça, on n'a pas eu la cohésion nécessaire. Il fallait une équipe, une vraie, qui s'entend sur tous les points, et on était plus une somme d'individualités. Mais on a quand même marqué 7 buts et offert un beau spectacle. Le plus important, quand on joue en Afrique, c'est d'avoir le coeur, l'envie, ce qui permet de jouer contre n'importe qui. On peut avoir les meilleurs joueurs, ça ne suffit pas.
En terme de grands joueurs, tu as pu côtoyer Seydou Keita (FC Barcelone), Momo Sissoko (Juventus), Frédéric Kanouté (FC Séville)...
Auprès d'eux, on apprend forcément. Ce sont des mecs hyper simples, à l'écoute. On peut leur demander des conseils. Si on n'a pas eu la réussite escompté dans cette CAN, chacun de nous a appris auprès de joueurs comme Seydou ou Momo, et c'est sûr que ça nous servira pour la suite.
Tu as pu évoquer avec Seydou Keita son parcours remarquable...
Très jeune, il a fait partie de la meilleure génération malienne (notamment avec Djilla Diarra), qui avait fait une demi-finale des Championnats du Monde - 20 ans. Il a su progresser sans griller les étapes. C'est quelqu'un de très simple, sympa. Il nous a parlés un peu de son expérience au Barça. C'est une grand joueur, l'un des meilleurs qu'ait connu le Mali. Il montre l'exemple sur le terrain avec de grandes performances. Pour le match d'ouverture, il était juste, mais comme ça ne se passait pas bien, il est rentré et a mis un doublé. Pour moi, même si on a été éliminé un peu tôt, c'est l'un des meilleurs joueurs du tournoi. Il a tenu son rang de joueur du Barça.
Pour en revenir au parcours du Mali, vous avez regretté le scénario de votre élimination (l'Angola et l'Algérie savaient qu'ils étaient qualifiés en faisant match nul)...
A leur place, je ne sais pas si on aurait fait la même chose. Tant mieux pour l'Algérie et l'Angola, mais on a été victime du réglement. C'était une nouvelle expérience testée en Afrique, mais, pour moi, la meilleure règle reste la différence de buts, qui récompense les équipes qui prennent des risques et marquent des buts.
Malgré la frustration de ne pas avoir joué, tu sembles content de cette expérience. Vises-tu une prochaine grande compétition avec le Mali ?
Oui. Quand on voit tout ce que ça peut engendrer, le nombre de supporters maliens qu'il y avait en Angola... Je ne suis pas rassasié, surtout que je n'ai pas joué. Il y en a pas mal qui vont arrêter, Fred (Kanouté), Seydou (Keita) probablement... Mais il y aurait encore Momo (Sissoko) en tête d'affiche et beaucoup de jeunes joueurs, une nouvelle génération. Le prochaine objectif, c'est... la CAN en Guinée dans deux ans.
As-tu pu partagé cette expérience avec tes coéquipiers valenciennois qui étaient à la CAN ?
Chico (Tiéné), il était sur le même site que moi pour le dernier match donc on s'est vu. Roland (Ndy Assembe), le l'ai eu deux fois au téléphone. Pour lui aussi c'était une belle expérience au contact de grands joueurs, comme le gardien Kameni, ça lui apportera beaucoup.
Quels sont tes pronostics pour la fin de cette CAN ?
L'Egypte est une grosse équipe mais je vois l'Algérie passer. Ce n'est pas la meilleure équipe mais c'est l'exemple-type du groupe qui a du coeur, comme je le disais auparavant. Dans l'autre demi-finale, je vois le Nigéria gagner même si le Ghana a fait un bon parcours sans Essien, Muntari, Mensah ou Appiah. Et en finale, je pense que le Nigéria s'imposera aussi, même si l'Algérie a une belle carte à jouer.
Selon toi, quel est le meilleur joueur de la compétition ?
L'Egyptien Hassan est un milieu de terrain qui fait beaucoup de choses. Sinon, je dirais Seydou Keita.
Enfin, le retour à Valenciennes s'est-il bien passé ?
Oui, je reviens tout doucement. Je suis content d'être là, je vais pouvoir faire de bons soins, ce qui n'était pas possible en Afrique. J'espère revenir rapidement, pour essayer de faire la meilleure fin de championnat avec l'équipe.
As-tu pu suivre le début d'année 2010 du VAFC ?
Oui, j'ai tout suivi, j'ai vu des résumés. On avait mal fini 2009 et le début 2010 a été difficile aussi. Mais la victoire à Boulogne nous a fait du bien, elle nous replace un peu. Elle nous donne confiance, c'est bien pour essayer d'enchaîner et de faire une bonne série.