L'entretien du mardi : Kyle Duncan
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Mardi 30 août 2016 - 20:10
Il est arrivé la saison dernière des New York Red Bulls, on le connaît encore assez peu... Découvrez le latéral droit américain de 19 ans Kyle Duncan !

Origines

D’abord, comment te sens-tu ici ?
Au début, c’était dur. C’étaient des sacrifices, loin de ma famille et mes amis. Ils me manquent encore, mais, maintenant, ça se passe très bien. J’apprends le français tous les jours.

Tu es originaire de New York, ta ville te manque-t-elle ?
Oui, je suis de Brooklyn. C’est vrai que New York me manque. La vie est très différente ici, tout est fermé tôt, alors qu’à Brooklyn, c’est ouvert jusqu’à minuit. Mais je suis content d’être ici ! Qui ne serait pas heureux d’être en France ? Valenciennes n’est pas une grande ville, comme New York, mais elle est agréable. Et ma tante vit à Paris, je vais la voir parfois, quand j’ai le temps.

Mais le Mont-Houy ne ressemble t-il pas un peu à un campus américain ?
Si ! Les campus américains sont un peu plus grands, mais ça y ressemble beaucoup !

Ta famille est-elle d’origine américaine ?
Non, mes parents sont jamaïcains, mon père est arrivé à 13 ans aux Etats-Unis. Je ne suis jamais allé en Jamaïque, mais j’aimerais le faire. J’ai encore beaucoup de membres de ma famille là-bas.


Du soccer au football

Quand tu as débuté le football, imaginais-tu venir en Europe pour jouer ?
Je ne pouvais pas en être sûr, mais c’était mon but. J’ai toujours voulu venir en Europe. Je jouais aux Etas-Unis, on voulait me faire signer un contrat pour l’équipe réserve de mon club, mais j’ai refusé et je suis venu ici il y a 8 mois.

Tu évoluais aux New York Red Bulls. L’effectif était-il de qualité ?
Il y avait de bons joueurs, comme à VA. Mais je pense que les matches sont plus rapides ici.

Où as-tu joué avant d’arriver aux New York Red Bulls ?
Au Rosedale Rockets soccer club, un petit club qui appartient à mon oncle. Nous avons participé à beaucoup de tournois, en Floride, à New York, en Pennsylvanie… Nous étions observés par des recruteurs de collèges et pouvions être « draftés », comme je l'ai été.

Pourquoi as-tu choisi le football, qui n’est pas le sport le plus répandu aux Etats-Unis ?
J’ai choisi le football vers… 3 ans ! Mon père m’a alors fait jouer de plus en plus, et ça continue aujourd’hui, je deviens meilleur chaque jour.

Mais y a-t-il un lien avec le fait que ton oncle soit George Weah ?
Je dirais oui, mais aujourd’hui, je veux mettre ça à part.

Est-ce trop lourd à porter pour toi ?
Je ne dirais pas que c’est lourd. C’est un modèle pour moi, je peux me relier à lui. Regarder ce qu’il a fait dans sa carrière me donne envie d’être meilleur jour après jour. Je suis heureux d’être le neveu de George Weah mais, même si je veux suivre ses traces, je dois aussi me faire mon propre chemin.

Quelles sont les principales différences entre les footballs américain et français ?
Aux Etas-Unis, on court beaucoup et, en France, c’est plus physique et tactique.

 


Apprentissage, progression et ambition


Depuis que tu es arrivé à Valenciennes, as-tu appris beaucoup de choses ?
Oui, j’ai beaucoup progressé depuis que je suis ici : je fais de meilleurs passes, je shoote mieux, je fais plus attention à ma situation sur le terrain et au placement de mes coéquipiers.

Depuis cet été, tu fais partie du groupe professionnel, tu as fait la préparation…
En préparation, nous avons beaucoup couru. En arrivant, je pouvais dire que j’étais en bonne forme, parce que j’avais couru pendant les vacances ! J’étais donc content de montrer que j’étais prêt.

Le prochain objectif est donc d’obtenir un contrat pro. En as-tu parlé avec certains joueurs qui l’ont signé récemment ?
Oui, Nuno (Da Costa) a signé son contrat il y a quelques mois et m’a dit qu’il avait du travailler dur. Je le vois sur le terrain, c’est un très bon joueur. Ce n’est pas facile pour les jeunes, mais je sais aussi que les plus vieux ont aussi du mal à trouver des clubs.

Tu évolues tous les jours avec des joueurs qui ont plusieurs saisons et beaucoup de matches chez les pros. Le ressens-tu ?
Oui, c’est du haut niveau, ça va vite. Il faut toujours être attentif.

Et par rapport à la langue, n’est-ce pas trop difficile ? Sur le terrain notamment ?
Non, ça va, j’apprends le français tous les jours, je fais de mon mieux. Et sur le terrain, j’ai appris tous les mots importants : « ça vient », « derrière », « devant », « poteau », « gardien », « arrière droit », « arrière gauche » (rires)…

Avec quels joueurs de l’équipe parles-tu ? Lesquels te donnent des conseils ?
Eloge (Enza-Yamissi), Manu (Ntim) et Ahmed (Kantari) parlent anglais, donc je peux échanger avec eux. Ils me donnent des conseils sur le terrain.

Quels sont les postes auxquels tu peux évoluer sur le terrain ?
Avant je jouais milieu droit. Aujourd’hui, et depuis mon passage aux New York Red Bulls, j’évolue au poste d’arrière droit. J’essaie donc de me faire une place dans l’équipe en tant qu’arrière droit.

Pour passer de milieu droit à arrière droit, tu as du apprendre à défendre…
Oui. Au début, c’était difficile. D’ailleurs, quand je suis arrivé aux Red Bulls, d’autres gars disaient : « il est mauvais celui-là » ! Mais, par la suite, après avoir beaucoup appris sur mon nouveau poste, je suis devenu meilleur et ils ont changé d’avis à mon sujet.

Selon toi, quels sont tes atouts ?
Je suis technique, j’ai besoin de le montrer parce que c’est ce que le coach aime voir. Je fais de bonnes passes, je ne me précipite pas, je ne les force pas. Je suis plutôt rapide et physique. Sinon, parfois, je suis un peu nerveux, comme face à Amiens. C’était mon premier match, il y avait du public…

En parlant du fait d’être nerveux, tu avais été expulsé en Coupe Gambardella la saison dernière, face à Lille au Mont-Houy. Mais ce carton rouge était sévère…
C’était dur parce que, sur la deuxième faute, je n’avais pas vraiment touché le joueur. J’avais déjà eu un carton jaune, donc l’arbitre devait être un peu « en colère » contre moi ! Mais ce match reste un bon souvenir. Il n’y avait jamais eu autant de public pour un match que je jouais. Cela m’a donné plus de confiance. Je n’aime pas me juger, mais je pense que j’avais plutôt fait un bon match.

Quels sont tes joueurs préférés ?
Alaba, qui est un très bon défenseur, Messi, bien sûr, parce qu’il est très technique, Neymar aussi… Et il y a aussi un « nouveau » joueur… Kanté ! Il est très petit, mais il est si endurant que personne ne peut le suivre.