L'entretien : Eloge Enza-Yamissi
VAFC-Nîmes : J-2 | 
Mercredi 26 octobre 2016 - 19:43
La défaite à Tours, la réception de Nîmes, le club où sa carrière a décollé, son parcours, Franck Ribéry, la République Centrafricaine : voilà les nombreux sujets évoqués par le milieu de terrain valenciennois Eloge Enza-Yamissi dans l'entretien de la semaine.

Comment le groupe a-t-il réagi à cette lourde défaite à Tours ?
Nous avons fait un non-match à Tours, nous en sommes conscients, mais il fallait passer à autre chose pour avancer. Depuis le début de la semaine, on travaille pour faire un gros match à domicile. On a la chance de pour réagir dès vendredi. Et nous sommes toujours dans la course par rapport au but que nous nous sommes fixé.

Penses-tu que cela puisse être une sorte de piqûre de rappel ?
Oui. Peut-être que l’on commençait à s’enflammer, alors qu’il faut rester simple et concentré sur ce que l’on a à faire. Cela doit nous permettre de garder les pieds sur terre. Nous devons continuer à travailler et ne rien lâcher pour gagner des matches, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. Face à Nîmes, ce sera un match très compliqué, comme ça l’avait été contre Niort. Après, c’est à nous d’être déterminés et de mettre les ingrédients. Un championnat, c’est très long. Il faut essayer d’être dans les cinq ou six premiers à la trêve et, si c’est le cas, on pourra jouer des choses très intéressantes en deuxième partie de saison. Avant ça, il faut « charbonner dur ». On va affronter des équipes qui sont plutôt en-dessous de nous au classement, mais ce sont les matches les plus difficiles. Face aux « gros », nous avons montré que nous étions au niveau. A nous de garder ce niveau-là, d’être très exigeants avec nous-mêmes et de ne pas nous laisser distraire.

Ne « réclames »-tu pas aussi cette exigence pour ne pas gâcher l’état d’esprit que vous avez su créer au sein du groupe ?
Notre but, c’est de gagner, d’être la meilleure équipe possible. Il faut toujours être concentrés, donner le maximum, être à 200 %. On le sent, l’ambiance autour du club et en ville est très positive. C’est bien, il faut que cela continue, ça nous donne de l’énergie positive. C’est très important, nous avons besoin de ce soutien à domicile. Après, il ne faut pas tomber dans la facilité. Nous devons rester conscients que nous venons de loin.

Personnellement, ces bons résultats et cette bonne ambiance te font certainement du bien, puisque tu es arrivé au début d’une période pas facile pour le club…
Oui. Par rapport à mon âge, vivre des moments comme ceux-là, ça fait du bien. Maintenant, nous allons tout faire pour que cela continue jusqu’à la fin de la saison. Je suis concentré sur ça à 200 %. Cela fait plaisir de jouer des matches où l’on voit le public et les coéquipiers qui sont heureux.

Vendredi, vous recevez Nîmes. Que penses-tu de cette équipe ?
Apparemment, ils ont une équipe assez équilibrée. Ils vont certainement venir défendre en voulant nous contrer, avec leurs deux attaquants qui sont rapides, donc ce sont toujours des matches difficiles à jouer. Il faudra que nous soyons concentrés pour ne pas nous faire contrer. On peut aussi se faciliter la rencontre en ouvrant le score rapidement. Si ce sont eux qui le font, ce sera compliqué de courir après le score.

Vous pouvez vous baser sur le match victorieux face à Niort…
Oui, c’est clair. Sur ce genre de matches, il faut être très patient. Le plus important, c’est de réussir à prendre les 3 points devant notre public. Il faut d’abord penser à être efficace, cela nous permettra de bien jouer. Nous allons essayer d’avoir la même chose que face à Niort, en ayant encore plus de détermination et d’envie dans les duels.

Nîmes, c’est un club spécial pour toi !
Oui ! C’est là que je me suis fait connaître, en National. et c’est le club qui m’a permis de signer mon premier contrat pro à Troyes. Nous avions fait un beau parcours en Coupe de France, en atteignant les demi-finales (défaite face à Auxerre). J’avais fait de très bons matches, ce qui avait entraîné mon arrivée à Troyes. J’évoluais au poste de n°10 à l’époque, mais, avec l’âge, je recule ! Je ne sais pas à quelle poste je finirai, on verra (rires) ! En tout cas, j’ai de très bons souvenirs de Nîmes, j’ai passé d’excellents moments dans ce club. Mon entraîneur était alors Didier Ollé-Nicolle (ndlr : ancien entraîneur de VA).

Avant Nîmes, quel a été ton début de parcours ?
J’ai été formé à Bordeaux, et j’ai ensuite joué à Alès avec Franck Ribéry, où notre entraîneur était René Marsiglia (ndlr : qui est décédé récemment), un très bon coach. Il y a eu des problèmes financiers et c’était très difficile de retrouver un club.

Que peux-tu nous raconter de cette période avec Ribéry à Alès ?
C’était une bonne époque ! Nous étions tout le temps ensemble parce que nous étions les jeunes du groupe. Il y avait des anciens, comme Thierry De Neef, Borbiconi, Larcier… Ribéry, il allait très vite sur le terrain, c’était un bon dribbleur, avec de bons appuis. J’ai une anecdote marrante avec lui. Un soir, à deux, nous avions regardé la Ligue des Champions et nous nous étions dit que ce serait bien de jouer un jour en Ligue 1. Et, quelques années plus tard, pour un Marseille-Troyes, je me suis retrouvé au marquage sur lui. Cela montre bien qu’il faut travailler et croire en ses rêves.

Vu que l’on retrace un peu ta carrière, en es-tu content, même si elle n’est pas finie ?
Oui, même si j’ai des petits regrets sur certaines décisions. Je pense que j’aurais pu aller un peu plus haut à une époque, mais c’est comme ça. Ce que je veux, c’est continuer à prendre du plaisir en jouant au foot. J’aime vraiment le foot. Tous les jours, je suis le premier à arriver à l’entraînement et le dernier à partir. J’aime beaucoup mon métier et j’ai toujours fait beaucoup de sacrifices par rapport à ça. Je prends du plaisir et je donne mon maximum. Maintenant, il faut que j’arrive à qualifier mon pays pour la CAN au moins une fois avant d’arrêter… C’est un de mes buts, avec celui de faire remonter VA en Ligue 1. Je suis arrivé ici en Ligue 1, ce serait un petit clin d’œil.

Tu parlais de ton pays, la République Centrafricaine. Logiquement, il a une grande importance dans ta vie, aux niveaux humain et sportif…
Oui, c’est sûr. Maintenant, nous arrivons à faire de bons résultats et avons failli nous qualifier pour la CAN, à un ou deux points près. C’est dommage, mais, maintenant, nous avons une équipe. J’espère qu’on pourra le faire lors des prochaines qualifications. Sur le plan humain, je suis un exemple pour mon pays, j’essaie d’aider les gens le plus possible. Récemment, grâce au VAFC, j’ai pu amener des maillots pour donner un coup de main aux enfants là-bas (voir photo ci-dessous). D’ailleurs, il faut savoir que les matches de Valenciennes sont regardés par tous les Centrafricains parce que je suis le capitaine de l’équipe nationale. Je reçois tout le temps des messages, on m’a dit que mon but du droit face à Niort était un miracle (rires). C’est un pays de foot. Il faut continuer comme ça, on verra ce que l’avenir nous réservera.

Le foot met-il un peu de baume au cœur des habitants, pour qui la vie n’est pas facile ?
Là-bas, le foot est très important, parce qu’il n’y a rien d’autres. La situation au pays étant difficile, les enfants n’ont pas encore repris l’école. La vie est très compliquée, les gens essaient de survivre, les conflits ne s’arrêtent pas… Mon père est là-bas, il me tient au courant des événements. Récemment j’ai perdu une personne de ma famille. Mon père essaie de faire ce qu’il peut pour faire avancer le pays et, de mon côté, je fais ce que je peux à travers le foot.

La situation de ton pays te permet peut-être de relativiser les petits problèmes du quotidien…
Pour moi, être en France, c’est déjà une chance énorme. En venant en République Centrafricaine, on peut se rendre compte à quel point c’est une chance de vivre en France. Je ne suis donc pas quelqu’un qui se plaint, je n’ai pas le droit de me plaindre, surtout par rapport aux gens de mon pays.

Tu es né à Bangui (capitale de la République Centrafricaine), à quel âge es-tu arrivé en France ? Quels souvenirs as-tu de Bangui ?
Je suis arrivé à 10 ans dans la région de Bordeaux, à Floirac. J’ai beaucoup de souvenirs de Bangui, je n’ai rien oublié, j’ai grandi là-bas. Je pense aux tournois de foot que l’on faisait ! Nous n’avions pas de ballon, donc on en fabriquait un avec un sac poubelle, ou on jouait avec un orange ou un pamplemousse. C’est comme ça que j’ai appris à jouer au foot, c’est de là que vient ma technique (rires) !




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