L'entretien : Adil Azbague
VAFC-Amiens : J-2 | 
Mercredi 15 février 2017 - 19:46
Le dernier match, la réception d'Amiens, son parcours, le Maroc : c'est le milieu gauche Adil Azbague qui se livre cette semaine...

Actu Ligue 2

Comment analyses-tu le dernier match à Ajaccio ?
C’était frustrant, on s’est réveillé tard. En première mi-temps, nous n’étions pas dans le match. Nous nous sommes fait secouer à la mi-temps et c’était beaucoup mieux après. Il fallait retrouver notre style de jeu, ce que l’on a fait, mais nous n’avons pas eu de chance avec la barre sur la tête de « Manu » (Ntim). C’est un mauvais résultat, on pouvait basculer dans la première partie du classement.

Personnellement, tu es entré en jeu…
Oui, cela m’a fait du bien de jouer. Rentrer dans un match comme ça à 3-0, ce n’est pas facile. Il fallait apporter de la fraîcheur et de la vitesse à l’équipe. Nous avons fait ce que le coach nous a demandé et cela nous a permis d’inscrire deux buts. J’écoute ses conseils et je donne tout sur le terrain.

Vendredi, vous recevez Amiens, l’équipe surprise de cette saison. Qu’en penses-tu ?
C’est une équipe solide, avec des joueurs solidaires. Beaucoup sont montés ensemble de National, donc c’est un groupe soudé, qui se connait bien. C’est une équipe combative, qui va au charbon. Ils ont un bon état d’esprit, travaillent tous ensemble et cela paie, on le voit avec leurs résultats et au classement. A nous de ne pas nous laisser marcher dessus, de développer notre jeu chez nous pour gagner devant notre public.

Connais-tu des joueurs de cette équipe ?
Oui, il y a Jonathan Eickmayer, avec qui j’ai joué à Lens et qui est aussi passé par Arras. J’avais été content de le voir au match aller. Je connais aussi Reda Habei, parce qu’il est venu faire un essai ici. Ce sont deux bons joueurs.

Que penses-tu, globalement, de la saison de l’équipe ?
Il y a des matches que l’on doit gagner, où l’on peut faire plus. Face à Brest, on perd 1-0 à la dernière minute, on ne doit pas prendre ce but. Un nul, ça aurait été bien pour nous. Et nous pouvons aussi gagner des matches sur une contre-attaque, en fin de match. Nous avons toujours cette occasion qui peut nous permettre de tuer le match à la fin. Dès que l’on peut « faire mal » à l’adversaire, il faut le faire.

 


Son parcours

Peux-tu retracer ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?
Jeune, j’ai été formé à Lens, que j’ai quitté en U14. Je suis parti pendant quatre ans dans un club amateur, à Avion, puis j’ai fait 6 mois à Arras avant de rejoindre VA à 19 ans. Le club était encore en Ligue 1, c’était costaud en réserve, donc c’était difficile de m’adapter. L’année suivante, j’ai enchaîné les matches de CFA 2 avec Monsieur Zago, il m’a fait confiance. J’ai titulaire toute la saison, ça allait très bien. Par la suite, j’ai pu faire la préparation avec les pros, on m’a dit que je resterais si ça se passait bien. Avec David Le Frapper, ça s’est super bien passé. Il m’a fait confiance aussi, m’a lancé dans le monde professionnel. J’ai saisi ma chance. Valenciennes m’a fait confiance et je suis fier d’avoir fini ma formation ici, de m’être relancé. J’ai toujours été reconnaissant par rapport à ça. Cela m’a fait plaisir que le club ait cru en moi. Mais, le plus dur, c’est maintenant : il faut continuer à prouver et passer un cap dans le monde professionnel. Il ne faut pas croire que c’est fini dès que l’on devient pro.

Croyais-tu à la possibilité de faire une carrière professionnelle après avoir quitté Lens ?
La première année après mon départ de Lens, c’était dur. Je n’avais pas le moral, je voyais mes copains jouer… Je suis retourné dans mon ancien collège, j’ai arrêté sport-études. Mais je voyais que, sans être un phénomène, j’avais des qualités qui pouvaient me permettre de réussir en travaillant. A Lens, j’étais de la génération 95, comme Gbamin ou Plumain. Je me disais qu’eux avaient réussi et que je devais y arriver aussi.


Ses postes

Chez les pros, on te connaît au poste de milieu gauche, mais tu as aussi joué latéral en réserve…
Oui. En réserve, Monsieur Zago m’avait fait jouer latéral gauche en début de saison et il avait vu que je montais beaucoup. Plus jeune, à Avion et Arras, j’étais n°10, je dribblais beaucoup et ne lâchais pas le ballon (rires). Avec la réserve, j’avais donc fait une demi-saison latéral, et l’autre milieu gauche. Cela s’est très bien passé et je me suis affirmé à ce poste.

Ces mois en tant que latéral t’ont permis d’apprendre à défendre…
Oui, il me manquait l’agressivité, je devais jouer plus dur. C’était bien que je travaille ça. Aujourd’hui, ça me sert à mon poste de milieu gauche, je pense à bien défendre pour aider le latéral.

As-tu des références à ton poste ?
Il y a des joueurs qui sont beaucoup plus offensifs, très techniques, comme Neymar, capable d’éliminer l’adversaire. En Ligue 1, je regarde beaucoup Rachid Ghezzal. Cyrille Merville dit que je lui ressemble (rires). Il faut que je travaille offensivement pour apporter la dernière passe, frapper plus. Avec la confiance, on se lâche et ça va tout seul.


Retour sur sa blessure et sa convalescence

Que retiens-tu de la longue période de convalescence que tu as connue la saison dernière (Adil a été victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche) ?
Le retour a été difficile. Je n’avais pas de douleur au genou, donc je pouvais avancer, mais, pour rattraper le rythme, c’était plus dur. Il faut plus de temps. Après, il fallait enchaîner les matches pour que ça revienne. J’avais fait la préparation avec l’équipe, ça allait. Et, en début de saison, j’avais pu jouer quelques bouts de matches, mais je n’étais pas encore très à l’aise dans mon jeu, je n’utilisais pas trop ma vitesse… En fait, je me rassurais. Mon jeu avait changé, je n’étais pas libéré comme aujourd’hui, je me freinais. Cela m’empêchait d’exploiter mes qualités. C’est revenu avec les entraînements, au fur et à mesure, je suis content d’avoir retrouvé tout ça. Maintenant, il faut continuer à avoir plus de rythme et le reste viendra.

Le coach t’a toujours soutenu…
Oui, le coach comptait sur moi, il ne m’a pas laissé de côté. Dès le début de championnat, il m’a donné ma chance, m’a permis de jouer, de m’exprimer. Après, on a parlé, je lui ai dit que je n’étais pas très bien. Il le voyait et le savait, car il avait regardé mes matches de la saison précédente. Il savait qu’il me manquait des choses, de l’agressivité, de la vitesse… J’ai bossé à l’entraînement et c’est revenu petit à petit. J’ai repris confiance et je me suis lancé.

Cette passe décisive que tu as faite sur la pelouse du Red Star pour l’égalisation de Nuno Da Costa a-t-elle été un déclic ?
J’avais joué 90 minutes en Coupe de France à Etaples, mais ça n’était pas un match de Ligue 2. J’étais en jambes mais, au niveau du jeu, ça ne m’a pas rassuré. Mais, faire une bonne entrée face au Red Star et faire une « passe dé » pour l’égalisation, cela m’a lancé, boosté, mis en confiance. J’ai continué comme ça et j’ai pu enchaîner les petites entrées en jeu.

Maintenant, le but est d’engranger du temps de jeu…
Oui, il faut enchaîner. Quand on est en pleine confiance, il faut saisir sa chance. Je me sens bien, j’ai les jambes… Après, c’est à moi de montrer au coach que j’ai ma place dans le groupe, que je peux apporter beaucoup au groupe et faire des matches comme la saison dernière avant ma blessure.

En parlant du groupe, as-tu été bien entouré pendant ta convalescence ?
Oui, certains m’ont donné des conseils. Edouard (Butin) et Loïc (Nestor), qui ont aussi eu une rupture des ligaments croisés, ont fait la même opération que moi, donc ils m’ont orienté sur le sujet. Après avec les « doc », les kinés, j’ai été bien suivi.

As-tu eu des périodes de doute ?
Au début, c’était dur, surtout après l’opération : on n’arrive plus à bouger, on ne peut plus plier la jambe, donc on se dit que ça va être une galère… Après, quand tu commences à remarcher, à faire des appuis, tu sens ça que ça va, que le retour est pour bientôt. Après, tu continues à travailler, en restant sérieux. Au centre de rééducation, j’étais bien entouré. J’ai bien bossé avec les équipes médicales et ça s’est enchaîné, étape après étape.

Ce période t’a-t-elle rendu plus fort ?
Après, on a envie de rattraper le temps perdu, de prouver. Cela forge le caractère.


Le Maroc

As-tu suivi le Maroc pendant la CAN ?
Oui mais, le problème, c’est que les matches tombaient au même moment que les nôtres. J’ai vu le dernier match de poule, ils se sont qualifiés donc j’étais content. Ils ont fait un beau petit parcours. Hervé Renard a construit une bonne équipe, soudée, avec des joueurs qui ne lâchent rien et mouillent le maillot. On sent que l’équipe nationale se reconstruit. On est fier d’elle.

As-tu toujours été attaché à cette équipe ?
Oui, je regarde les matches en famille depuis toujours. J’ai toujours passé mes vacances au Maroc, j’ai de la famille là-bas, à Agadir.

Le fait d’avoir été appelé chez les Espoirs marocains a certainement renforcé ce lien…
Oui, et j’ai été surpris d’être appelé pour ma première sélection. Je revenais de ma rupture des ligaments croisés, c’était au mois de mai. J’avais déjà eu un contact avec la sélection, ils me suivaient et m’avaient dit qu’il fallait que je joue plus de matches. Avant ma blessure, j’enchaînais et je pensais être appelé. Il y a eu ma blessure, qui m’a coupé dans mon élan. Et quand je suis revenu, l’été dernier, j’avais pris mes billets d’avion pour partir en vacances et ils m’ont appelé pour faire un stage d’une quinzaine de jours. J’étais heureux ! Cela voulait dire que tout le travail fait avant été récompensé. En plus, c’était un rêve de jouer en sélection, et je ne pensais pas que cela arriverait si tôt par rapport à la blessure. Je venais de reprendre en réserve et j’étais appelé avec les Espoirs…

Quels sont tes objectifs par rapport à la sélection ?
Avant la sélection, je veux enchaîner les matches avec mon club, le VAFC. Il y a des joueurs de Ligue 2 qui sont appelés en équipe A du Maroc, donc pourquoi pas ? Mais c’est à moi de prouver d’abord que j’ai ma place en Ligue 2.

Depuis l’été dernier, tu as un « grand frère » marocain dans l’effectif, Ahmed Kantari…
Oui, on regardait les résultats du Maroc ensemble (rires) ! On parle souvent de l’équipe du Maroc et, quand j’ai été appelé en sélection, il était content pour moi. Après, il m’a dit que je devais viser l’équipe A, mais que cela viendrait avec les matches. Ahmed me parle beaucoup, d’autant plus que nous sommes côte à côte dans le vestiaire. On a un petit lien, donc il me conseille beaucoup. Il me parle franchement et je l’écoute. Il a 10 ans de plus que moi, de l’expérience avec une grosse carrière… C’est un exemple. Avant, c’est avec Yunis (Abdelhamid), lui aussi originaire du Maroc, que je parlais du pays. En plus, sa famille est originaire de près de chez moi. D’ailleurs, nous nous sommes croisés quand je suis allé en sélection, parce qu’il était appelé en équipe A. Il est aussi un exemple de joueur qui était en Ligue 2 et a été appelé en équipe du Maroc.




Hors foot

En dehors du foot, prends-tu du temps pour faire autre chose ?
Je suis concentré sur le foot. Après, je suis marié, donc je ne suis plus tout seul à la maison. C’est bien d’avoir une vie de famille tôt, j’en suis fier. Cela me permet d’être « cadré » et de savoir où je vais.




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