"Fier de lutter avec mes gars"
Interview | 
Lundi 20 mars 2017 - 21:19
Faruk Hadzibegic revient sur la défaite de vendredi face à Tours et fait le point sur la situation du VAFC...

Trois jours après, comment analysez-vous cette défaite face à Tours ?
Après le match, j’avais dit qu’il n’y avait pas d’explication à donner parce que, pour moi, ce serait se moquer du monde. On perd à domicile contre une équipe qui est dernière au classement, qui a mis tous les ingrédients pour gagner le match alors que nous, nous n’avons rien mis. Il faut accepter cette défaite. Je l’accepte en ayant mal à la tête et au ventre. Ma colère et ma déception n’ont pas diminué depuis vendredi. Je suis derrière un projet, à la tête d’une équipe qui a beaucoup de qualités.

Aujourd'hui, comment analysez-vous le projet du club ?
Le club a toujours été très clair avec moi depuis le départ. On m’a bien expliqué la situation sportive, que je connaissais déjà, et la situation économique, que je ne connaissais pas. Cela a été très clair. Le club m’a expliqué l’objectif et le projet. Je les ai acceptés sans aucune hésitation, avec énormément de plaisir et de motivation, ce que j'ai toujours aujourd'hui. Que ce soient les joueurs, le staff ou moi, on nous a tout donné pour nous mettre dans la meilleure situation possible. Je ne pense pas qu’il y ait une équipe en Ligue 2 qui ait d’aussi bonnes conditions de travail pour réussir. Et des clubs de Ligue 1 ne les ont pas non plus. Nous sommes parfaitement en osmose, les dirigeants, le Président, les joueurs, le staff et moi, sur ce domaine-là. On a discuté avec les joueurs, notamment de la déception de ne pas jouer la montée. Certains me disent que je n’aurais pas du parler de la montée, parce que nous n’avons pas les moyens, en nombre et en qualité de joueurs, pour aller au bout. En plus, nous n’avons pas su maîtriser les absences, entre les blessures et les suspensions. Pour en revenir à la montée, je reste persuadé qu’il y avait la place pour le faire, parce qu’il n’y a pas de différence de niveau entre les équipes. La preuve, quand nous étions au complet, nous étions très bien placés au classement. Mais, quand plusieurs personnes me disent que je n’aurais pas du en parler, je m’incline. Il fallait le faire « à la Guy Roux » : dire que l’on joue le maintien jusqu’à la dernière journée, même si on est bien classé. Je ne regrette pas mon optimisme. C’est l’effectif que j’ai eu au départ, avec les conditions que le club nous a données. Après, nous n’avons pas eu la réussite et les moyens pour le faire, je l’accepte.

Depuis janvier, vous avez du composer avec de nombreuses blessures, dont celle de votre meilleur buteur, Nuno Da Costa…
Depuis la blessure de Nuno, au mois de janvier lors de la victoire face à Sochaux, on ne s’est jamais remis sur le chemin que l’on avait tracé. Cela a été un manque à un poste spécifique, et nous n’avons jamais su et pu le remplacer. Cela a beaucoup joué sur le plan de l’efficacité offensive, qui nous a coûté très cher. Voilà une des vraies raisons qui expliquent pourquoi nous sommes dans une situation un peu plus compliquée. Après, les absences, je ne m’en plains pas, c’est le lot de tous les coaches. Ce n’était pas prévisible, il ne faut pas avoir de regrets. Si l’on veut avancer, il faut de l’optimisme. La vie d’un club n’est pas toujours facile, tranquille, il y a des hauts et des bas. Je me bas contre ce pessimisme, cette peur. Les deux dernières saisons, le club s’est sauvé quasiment à la dernière journée. De mon côté, ce que je vois, c’est que le club a mis un projet en place, auquel de plus en plus de monde s’associe. Le club progresse sur le plan économique, sur le plan sportif aussi. Il ne faut pas oublier que de belles choses ont été et sont accomplies. Aujourd’hui, nous avons 34 points et, même si nous avons perdu vendredi, je préfère être à notre place qu’à celle de Tours. Personne ne me changera, je suis à fond dans le projet du club, mon engagement est total et absolu, avec optimisme. Quand je me lève tous les matins, je suis très heureux. On peut faire mieux, c’est sûr, je m’y emploie chaque jour. Et l’engagement du staff, des joueurs, des dirigeants et des salariés du club est remarquable, c’est très motivant.

En début de saison, on a beaucoup parlé du stage en Autriche et de la cohésion de groupe qui s’y est créée. On a d’ailleurs pu la constater sur le terrain dans les premiers mois de la saison. Aujourd’hui, cela a-t-il changé ?
Absolument pas. Le groupe fonctionne parfaitement bien, avec un état d’esprit extraordinaire. Après, les blessures peuvent jouer individuellement sur le mental de certains joueurs. Mais, sinon, il y a une ambiance de travail, avec respect, qui n’est pas moins bonne qu’en début de saison. La seule différence, c’est que nous étions au complet, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais, quand il y a un problème, il y a toujours une solution. Il ne faut pas se plaindre ou se lamenter. On rêve de récupérer en même temps « Siga » (Diarra), Ahmed (Kantari), Nuno (Da Costa), Andy (Faustin) pour avoir plus de choix et améliorer la concurrence.

N’a-t-on pas tendance à trop réagir après un résultat, quel qu’il soit ?
C’est le problème du football : quand on gagne, on est le meilleur et, quand on perd, on est le plus nul. C’est faux. On oublie que l’adversaire a aussi le droit d’être bon et de gagner le match. On est toujours dans l’extrême. Quand on perd un match, on a tendance à ne rien voir. Nous avons regardé avec les joueurs le match face à Tours. Au-delà des erreurs individuelles qui sont monumentales, l’équipe a produit du jeu. Mais le résultat te « ferme la bouche ». L’erreur individuelle, c’est humain, à nous de l’éviter, de faire en sorte que cela ne se répète pas. Mais il n’y a que ceux qui ne connaissent pas et n’aiment le football qui tombent dans cet extrême-là, d’accuser untel ou untel pour une erreur. De mon côté, je peux témoigner de l’engagement et de la motivation de tout le monde au club pour faire le mieux possible. Que le public soit révolté et critique envers nous, je suis d’accord, il n’y a pas de soucis. Le public paie, il a le droit d’applaudir ou de siffler. Mais les autres, ceux qui travaillent au club, non. Il faut faire face au problème, travailler, respecter le maillot et l’avis de tout le monde. On n’a pas le droit de se plaindre, on a uniquement le droit de travailler. Il faut avoir des convictions, et je suis convaincu par le projet du VAFC, de cet effectif, qui peut et doit s’améliorer. Il faut bien expliquer et analyser les choses. Le résultat joue beaucoup sur la confiance. Nous avons conscience de la situation, avec de la sérénité et de l’implication dans le travail. Et nous allons continuer dans ce sens-là. Nous ne nous cachions pas quand nous étions 7èmes, nous ne le ferons pas non plus en étant 15èmes. En tout cas, on donne tout pour le club. Certes, on peut envier les résultats de certaines équipes, mais il y a beaucoup de monde qui peut envier tout ce qu’a notre club. Depuis mon arrivée, je cultive l’exigence. Je ne souhaite pas que notre club soit deuxième ou troisième dans la région, je veux lutter avec le premier. Il faut que la victoire soit quelque chose de normal. On travaille pour gagner, pas pour exister. Je ne vais pas changer d’un iota ma façon de faire, mais je vais écouter les messages de tout le monde. C’est normal qu’il y ait une pression sur nous, parce qu’il faut justifier de porter et défendre ce maillot. J’espère que je vais réussir à convaincre tout le monde que nous travaillons pour obtenir la victoire. Je suis en colère contre ceux qui ne croient pas en nous et sont directement dans l’abattement. Ceux qui ne sont pas content de notre club, s’il y a mieux ailleurs, qu’ils y aillent. Je suis fidèle et fier de lutter avec mes gars, avec toutes les personnes qui travaillent au club et nous soutiennent. Je rêve aussi de Barcelone, mais que je suis heureux à Valenciennes (rires) !

Pour finir, peut-on revenir sur vos propos de vendredi soir, après la rencontre ?
J’ai utilisé des mots très forts et je les confirme. Je suis un homme qui regarde tout le monde dans les yeux quand je parle. Il ne faut pas baisser les bras et raconter des choses. Par ce message-là, je souhaite réveiller tout le monde et dire que, tant que je suis là, personne ne touche au VAFC, le critique gratuitement ou profite d’un match perdu. Là, il y a une unité. Je n’aime pas les gens qui baissent les bras rapidement et qui profitent d’une situation. Après ce que j’ai dit dans le vestiaire et en conférence de presse, j’ai reçu pas mal de messages de soutien, qui me donnaient raison. Il y a beaucoup de gens qui souhaitent suivre ce chemin-là.


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