C’était Daniel Leclercq… (1/2)
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Lundi 25 novembre 2019 - 17:52
Ceux qui ont connu Daniel Leclercq lui rendent hommage. Première partie avec Olivier Bijotat, José Saez et Orlando Silvestri…

Olivier Bijotat : « C’était un amoureux du jeu »

« J’aimerais simplement évoquer l’homme que j’ai fréquenté pendant quelques années au RC Lens et qui, sur le plan humain, était d’une dimension extraordinaire. Concernant le grand technicien qu’il était…. C’était un amoureux du jeu et un adepte du football collectif. Il avait toujours les notions de plaisir et d’exigence.
Sur le plan relationnel, Daniel avait un franc-parler qui permettait de gagner du temps dans l’échange que l’on pouvait avoir avec lui. On ne mesure pas la grandeur et la force de caractère qu’il pouvait avoir… C’était un homme qui défendait la technique à travers les idées qui lui étaient propres.
On parle souvent de projet de jeu… Daniel était attaché à cela. Je tenais à lui rendre cet hommage appuyé. J’ai ressenti beaucoup d’émotions lorsque j’ai appris cette triste nouvelle vendredi matin. »



José Saez : « On était ses soldats »

« Quand le Druide fait appel à toi pour venir à VA… Il m’avait appelé lorsque j’étais à Angers en L2… Sept ou huit mois avant le début de la saison suivante. Il voulait rebâtir Valenciennes pour remonter en Ligue 2 le plus rapidement avec des joueurs qui avaient déjà connu cette division : Steve Savidan, moi et d’autres encore…
Avec lui, c’était la recherche de la perfection. Il était très rigoureux, il fallait tout faire lors des entraînements pour l’appliquer en match. Cela n’était pas toujours facile de cohabiter avec lui. Parfois, il pétait des câbles lors des séances… Avec lui, c’était le début de la renaissance de VA. Il est parti après la montée, mais l’identité Daniel Leclercq était restée.
Son décès nous rend tous triste, c’était une personne mythique. Dans son milieu, Daniel Leclercq était pour moi l’un des meilleurs malgré son caractère. On retient forcément cette montée. Cela a permis à pas mal de joueurs de découvrir la Ligue 2 puis d’autres encore la Ligue 1. On le doit en grande partie à son travail.
Après son départ du club, je l’ai souvent croisé au Stade du Hainaut, lors de manifestations… Il me faisait toujours la bise. Sur le terrain, il était dur, perfectionniste, et c’est je pense pour ça qu’il a réussi à être champion de Ligue 1 avec Lens. Mais en dehors du terrain, c’était quelqu’un de très convivial et même parfois rigolo… En se revoyant, il y avait toujours beaucoup de sourires, de déconnades.
On a adhéré à sa méthode de travail et on est monté grâce à cela. On était plus jeunes, on était ses soldats. Je me souviens d’un match à Libourne… J’avais mis des crampons moulés et il pleuvait averse. Il m’avait un peu pourri et j’avais un peu répondu. Au final, on a gagné ce match. Si nous avions perdu… Mais là, au final, ça s’est bien passé (Rires). »



Orlando Silvestri : « On était obligé de se mettre minable sur le terrain »

« Le coach Leclercq était un homme extraordinaire, avec des valeurs. C’était un homme attachant, fédérateur, passionné, compétiteur. On ne pouvait qu’être admiratif de sa personnalité, de tout ce qu’il a accompli dans sa carrière… Je ne l’ai pas connu en tant que joueur mais j’ai eu la chance de le connaître en tant qu’entraîneur. Il a fait énormément pour VA.
Il était tellement rigoureux que nous le sommes devenus aussi. C’était un homme pointilleux, perfectionniste. Il pouvait être dur puis rire avec toi deux minutes plus tard. Mais quand il fallait que « je prenne une bonne gueulante »… Et bien, j’en prenais une bonne ! C’était toujours pour nous faire avancer. On avait un peu de difficultés à comprendre ce qu’il attendait de nous. Mais une fois que l’on a bien compris ce qu’il voulait… On aurait pu aller partout avec lui, on serait monté dans les arbres s’il le demandait. Après ses causeries d’avant-match, on avait le couteau entre les dents, on ne pouvait que se défoncer sur le terrain. Il avait une façon de nous parler… Cela nous transcendait ! On était obligé de se mettre minable sur le terrain. Aujourd’hui, nous ne pouvons que le remercier de ce que nous sommes tous devenus grâce à lui.
Une fois, je me préparais pour l’entraînement avec des chaussures qui n’étaient pas nettoyées. Je me lève pour sortir… Il me regarde et me dit « Tu vas où ? », je lui réponds : « Bah, à l’entraînement ». Et là, il me sort : « Tu ne vas nulle part avec ses chaussures dégueulasses ! ». Au début, je croyais qu’il déconnait, j’avais un petit sourire. Mais au final, il ne blaguait pas du tout ! Parfois, tu ne savais pas trop s’il était sérieux ou s’il blaguait. Cette fois, je ne le savais pas du tout ! Il me dit « Tu nettoies tes chaussures. Sinon, tu ne t’entraînes pas ! ». J’avais compris le message…
Des anecdotes, il y en a énormément parce que c’était un personnage. Parfois, lorsque les séances de veille de match se passaient mal, on partait en bus à 6h ou 7h du matin, il ne disait bonjour à personne. Dans le bus, on n’entendait pas une mouche voler. Dans ces situations, il ne venait pas manger avec nous le midi et on ne le revoyait que pour la causerie d’avant-match. Tout cela montre son extrême rigueur, il ne laissait rien au hasard. »