Le point avec Sébastien Malapel
Féminines | 
Mardi 10 novembre 2020 - 14:11
Comme toutes les autres équipes du Mont-Houy, les féminines du VAFC ont vu leur championnat s’arrêter le 29 octobre dernier. On fait le point avec Sébastien Malapel, l’entraîneur…


Comment jugez-vous le début de saison ?
On a fait le point avec le staff (Seb Deparis, Christophe Raingo et Vianney Lekieffre) sur l’état de forme des équipes R1 et D1, cette semaine... Nous avons un groupe pour les R1 sur un réseau social sur lequel nous partageons des articles, des séances, des ressentis lors de cette crise sanitaire. On y retrouve les joueuses, les coachs et tous ceux qui s’intéressent aux filles : Joël Brunet, le responsable de la section féminine, Sébastien Dhollande le président et tous les dirigeants qui nous suivent de près.
Le bilan est très mitigé par rapport à ce que j’espérais… Lorsque le championnat s’est arrêté la saison dernière, au mois de mars, nous étions à la deuxième place du classement avec la perspective de jouer les play-offs pour accéder à la D2. Après quatre matchs joués cette saison, nous sommes huitièmes avec une victoire, un match nul et deux défaites… Quand on compare les deux classements, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui ne s’est pas bien passé.
Le sérieux qu’avaient développé les filles l’année dernière, je ne l’ai pas retrouvé en ce début de saison. Par exemple, deux de mes joueuses cadres n’avaient pas fait le nécessaire pour avoir leur licence lors du premier match… On a aussi eu deux filles blessées parce qu’elles n’avaient pas fait entièrement la préparation que j’avais proposée entre les mois de mars et d’août.
Lorsque l’on a recommencé les entraînements, nous étions bien en dessous du niveau physique que j’espérais. Il y a eu un manque de préparation physique mais surtout un manque de préparation mentale. On pensait que le championnat allait reprendre tardivement et il a finalement démarré très rapidement, fin août. Nous n’étions pas prêts : physiquement, mentalement et administrativement.


Pouvez-vous nous faire un retour sur ces quatre matchs de championnat joués ?
On a débuté face à Douai, une équipe qui pourrait jouer les premiers rôles cette saison. Nous avons été en difficulté… Ensuite contre Beauvais, un concurrent direct, nous sommes menés 2-0. La deuxième mi-temps était en notre faveur. Cela montrait des signes d’un renouveau, d’un « retour à la compétition ». On enchaînait avec Saint-Omer, une équipe qui n’est jamais facile à affronter. On mène 1-0, on aurait dû se rendre le match plus facile en creusant l’écart… Et on encaisse un but bêtement. Le coach adverse m’a parlé d’un hold-up… On perd clairement des points sur ce match. Face à Amiens pour notre quatrième rencontre, on a retrouvé nos valeurs. Nous étions plus en phase avec ce que l’on doit avoir comme rigueur, à chaque match.
Au fur et à mesure, on était de mieux en mieux, que ce soit dans la préparation ou dans la compétition. Tout cela a été validé avec les matchs de Coupe de France, lors desquels on a retrouvé de la complicité. Ce confinement arrive au mauvais moment puisqu’il arrive lorsque l’équipe est la plus conquérante, la plus compétitive.
Sur le plan comptable, je suis forcément déçu. Je m’attendais à trois victoires et un nul sur ces quatre matchs. On a pris du retard mais rien n’est définitif dans ce championnat qui s’est énormément resserré. Il n’y a plus qu’une voire deux équipe(s) qui peuvent gêner tout le monde.
J’ai aussi perdu trois joueuses importantes : Nabou Mbengue, notre attaquante sénégalaise qui est partie en D2 alors qu’elle nous avait dit qu’elle restait. Il faut savoir qu’elle mettait 2,4 buts par match en moyenne. Léa Liénard, une joueuse expérimentée, un élément offensif intéressant et Marion Taquet, l’une des meilleures attaquantes de sa génération, qui apportait de la rapidité. Nous avons eu quatre recrues : Cellya Carette, une gardienne qui s'est fracturé le poignet face à Charleroi en amical (résultat : 1-1), Soraya Benkassou, Aurélie Vergnac et Mathilde Joseph.


On imagine la frustration de voir la progression de l’équipe être stoppée par cet arrêt du championnat, c’était déjà le cas au mois de mars…
C’est très frustrant, oui. En mars, on sentait les filles de plus en plus dans le projet de monter. Elles vivaient bien entre elles, partageaient beaucoup de moments en dehors des terrains. Le groupe vivait bien, avait une « véritable âme », pour reprendre une expression de Daniel Leclercq. On produisait du jeu à la Valenciennoise : avec des efforts et des contre-efforts non négociables, deux touches de balles maximums, des codes de circulation du ballon bien maîtrisés… Juste avant le premier confinement, j’avais dit que l’on allait monter. Aucune équipe ne pouvait nous résister, pas même Calais. On aurait terminé à la deuxième place et cela n’aurait pas été une mauvaise chose avec deux matchs de play-offs, aller et retour, à disputer…


Comment entretenez-vous le contact avec les joueuses ?
Moi, cela fait dix ans que j’utilise les outils numériques. Les filles ont dû installer Runtastic ou Strava. Je leur donne un programme sur dix ou quinze jours à chaque fois. Tous les jours, je mets un rappel de la séance qui est à réaliser. On a des séances Tabata par exemple. Je regarde ce que les filles ont fait. Elles réalisent 5 entraînements par semaine, d’une demi-heure à une heure et demie. L’idée, c’est de garder la forme. Dans dix jours, je mettrai en place un peu de ballon avec des exercices de technique à domicile, de jongles, de passes contre un mur… Le tout associé à un travail de pliométrie, par exemple.