Episode 5 : La finale de 1951...
Un siècle de foot à VA | 
Mardi 26 février 2013 - 18:45
Cette année, le club valenciennois fête son centenaire. Chaque semaine, nous revenons sur les moments forts de son histoire, de sa création jusqu'à aujourd'hui. Cinquième épisode de notre saga : la finale de la Coupe de France de 1951...

1948-1949, Valenciennes, alors en D2, fait une mauvaise saison. Les dirigeants envisagent même de quitter le monde professionnel, une nouvelle fois. La mairie viendra alors en aide au club, à la dérive financièrement. Elle rachète Nungesser, rembourse le prêt que le club avait fait aux supporters, et donne trois millions de francs. Une véritable bouffée d'oxygène pour le club qui, emmené par ses jeunes, finira sixième de D2 en 1949-1950.

Puis vint la saison 1950-1951, l'une des plus belles qu'a connues le club. La municipalité continue à aider le club financièrement mais sportivement, l'USVA va mal. Après huit journées de championnat, l’équipe est lanterne rouge, la faute à trop grand nombre de blessés. Les membres du bureau du club démissionnent tous.
Un nouveau bureau est formé, avec à sa présidence André Dubois. Un nouvel entraîneur arrive : Henri Pérus. Passé par Douai, Pérus était, lorsque VA est venu le chercher, gérant du café de la plage à Aubigny-au-Bac ! Dès son arrivée, le club va mieux en championnat, mais se montre surtout intraitable en Coupe de France...

Après avoir éliminé Piennes, Calais et le CA Paris, Valenciennes accède aux huitièmes de finale. Les rencontres de Coupe de France se font à l'époque sur terrain neutre. L'USVA affronte donc, à Roubaix, le LOSC, une équipe à qui la Coupe réussit (vainqueur en 1946, 1947 et 1948 et finaliste en 1945 et 1949). Devant plus de 13 000 spectateurs, l'équipe de Pérus fait tomber le géant lillois, grâce à un doublé de Roze (2-1).

VA est donc en quart de finale et tombe, là encore, sur un gros morceau de la première division : le RC Paris, qu'il rencontre à Reims. Le club de la capitale a participé aux deux dernières finales (victoire en 1949 face au LOSC). L'entraîneur valenciennois sait alors que les Parisiens sont bien trop forts techniquement, et décide donc de travailler sur le physique. Les joueurs partent au vert à Verzy (Marne) et leur quotidien est rythmé par d’interminables footings.

Le match : Valenciennes est mené 2-1 à un quart d'heure du coup de sifflet final. Mais Roze -encore lui- égalise à la 89ème. La tactique de Pérus a marché, VA est allé puiser dans ses ressources pour arracher l’égalisation. Le match est donc à rejouer puisqu'à l'époque, il n'y avait pas de prolongation.

Onze jours après le match nul au goût de victoire, un VA héroïque bat Paris au Havre, grâce à un but de Leturgeon. Valenciennes, en qui personne ne croyait après quelques journées de championnat, est désormais dans le dernier carré de cette Coupe de France 1951.



L'USVA affronte Saint-Etienne, en demi-finale. Pour l'occasion, Binbin fait le déplacement à Colombes, tout comme 8 000 autres supporters valenciennois. Dans ce stade de 35 000 spectateurs, et face à la grande équipe de Saint-Etienne, VA se qualifie grâce à un triplé de Vrand (3-1). L'USVA, ce club modeste de D2, aura donc battu le LOSC, Paris, puis Saint-Etienne pour atteindre la finale. Une performance aussi belle qu’inattendue.

6 mai 1951, à Colombes : 61 492 spectateurs attendent le coup d'envoi de la finale qui oppose Valenciennes à Strasbourg. Pour dix des onze joueurs valenciennois titulaires, cette finale est une grande première. Seul le gardien de but et capitaine Witkowski a déjà disputé une finale de Coupe de France, avec le LOSC.

La crispation des joueurs de l’USVA se ressent jusqu’aux tribunes. Elle est encore plus palpable lors de la poignée de mains d'avant-match avec le Président de la République de l'époque, Vincent Auriol. Ce dernier se voit d’ailleurs remettre un napperon en dentelle de Valenciennes brodé à ses initiales... VA !

Tout le monde y voit un signe... Mais dépassés par l'évènement, les hommes de Pérus s'inclinent 3-0. L'USVA est passé à « un match » de son premier titre majeur. Les supporters ne lui en tiennent pas rigueur, et les pensionnaires de Division 2 sont accueillis comme des héros à Valenciennes.

En championnat, VA termine 12ème, mais tout le monde le sait : cette année-là, VA avait privilégié la Coupe. A l’issue de cette belle saison, Henri Pérus quitte le club, qu'il faudra reconstruire, tout en étant à la hauteur des attentes qu'ont les habitués du Stade Nungesser...


A suivre


> Episode 4 : En pleine guerre mondiale...

> Episode 3 : L'entrée dans le monde pro

> Episode 2 : Du FCV à l'USVA...

> Episode 1 : La création du club